Sur 12.5 millions d’esclaves capturés durant la traite négrière (1501-1867), 1.5 millions ont péri durant la traversée. En tout, 5.9 millions d’entre eux, soit la moitié, venaient du bassin du Congo: actuels Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, RD Congo, Gabon, Rwanda, Tanzanie et la Zambie.

Au Sierra-Léone, on fait référence aux Américain-Libériens comme des Congos ou Congau people

Au Libéria, 5000 anciens esclaves appelés Congos, originaires du Bassin du Congo, furent libérés des bateaux négriers par les Britanniques et les Américains après la prohibition de l’esclavage. Les Congos furent intégrés parmi les Afro-Américains affranchis.

À Sao Tomé et Principe, les Portugais feront venir en masse des côtes du Royaume du Kongo, près de 4000 captifs par an. Et plus tard, les Filhos_da_terra, mulâtres, nouvelle élite commerciale, organiseront des razzias auprès des populations du Royaume Kongo.

En Jamaïque, une première vague d’Africains furent déports au 17e siècle, à partir de ce que nous appelons aujourd’hui le Ghana et le Bénin avant de voir des esclaves venant de l’est du Nigeria, du nord de l’Angola et des régions connues comme le Congo.

En Martinique et en Guadeloupe, dans la période abolitionniste – entre 1848 et 1861 – des milliers de Kongos arrivèrent en Martinique (10 521) et en Guadeloupe (6046) avec le statut d’immigrés pour relancer la production sucrière. Aujourd’hui, le mot agoulou qui signifie glouton, vorace dans ces iles viendrait de ngulu ou porc en lingala (d’où le nom du fameux sandwich agoulou)

En Haïti, entre 1781 et 1790, 236 848 Africains furent transportés à St-Domingue (ancien nom de l’ile) et de ce lot, 112 667, donc près de 50% étaient originaires du Kongo/Angola selon le site www.slavevoyages.org. On les embarquait à partir de trois différents ports: celui de Cabinda du Royaume de Ngoyo, de Malemba du Royaume de Kakongo et du port de Loango dans le Royaume de Loango. La plupart des captifs qui partaient de Loango finissaient à St-Domingue.

Aujourd’hui dans le créole haïtien, on retrouve des mots de kikongo, lingala comme moun (une personne/quelqu’un: muntu, mutu en lingala); marasa (jumeaux/jumelles: mapasa en lingala); djembo ou nguembo (roussette/espèce de chauve-souris: nguembo/linguembu/longuembu en lingala).

Et bien d’autres mots d’origine africaine: matoutou (aviculaire antillaise/espèce d’araignée), mabouya (gecko), gongolo (mille-pattes), gombo (okra), mamba (beurre d’arachide), pour ne citer que ceux là.